Grimentz 2019

Cette année, du 27 au 29 septembre, nous étions encore une dizaine de membres des Pléiades à renouer avec le désormais « classique week-end astronomie valaisan » qui a lieu à Bendolla, sur les hauteurs de Grimentz.

La première édition datant déjà de 2008, la logistique commence à être bien rodée, et, tradition oblige, fondue et raclette sont depuis des années les deux incontournables pour les repas du vendredi et samedi soir !
Et cette année encore, nous n’avons pas été déçus par le repas de samedi midi qui lui, change d’année en année.
En effet, Julien nous a concocté un repas péruvien qui s’ouvrait par un magnifique Pisco Sour, apéritif à base d’alcool local de raisin, puis se poursuivait avec le plat de résistance : « Ají de pollo »  un vrai régal !
Irène nous a également émerveillé les papilles avec un sabayon aux fruits rouges, et je ne vous parle même pas de l’assortiment de charcuterie et autres légumes apprêtés qui accompagnaient les différents apéros...

C’est vrai ... je vous annonçais un week-end astronomie et depuis le début, je ne vous parle que de gastronomie ... bon, juste une petite lettre de différence, et les deux activités étant « nobles et saines », pas de quoi fouetter un chat en réalité !

Donc, quelques mots sur le cadre, tout d’abord :
Pour ceux qui ne connaitraient pas les lieux, nous louons à Alex deux petit chalets à Bendolla (2100 m d’altitude, juste à l’arrivée du télécabine), l’endroit ayant un bon dégagement vers le Sud.

Côté matériel astro, cette année nous avons fait « light » :

  • Le dobson de 300 mm de Julien, un modèle de portabilité et de douceur à l’usage !
  • Deux paires de jumelles 12 x 80
  • Diverses jumelles 8 x 50...
  • Une monture astrac pour faire de la photo avec un téléobjectif
  • Une monture EQ4 Goto
  • Différents boitiers numériques...

On était donc loin des quelque 250 kg de matériel amenés il y a quelques années, mais davantage dans une vision plus épurée de l’observation, principalement visuelle.

Passons aux nuits d’observation :

Nuit du vendredi au samedi : pas le top en réalité, les nuages ne laissant apparaitre que quelques petites portions du ciel, nous avons vite réintégré l’intérieur du chalet pour consommer quelques bons produits plus ou moins locaux !

Nuit du samedi au dimanche : enfin un ciel digne d’un astronome amateur !
Une fois le dobson (T300 mm) installé et réglé, et les jumelles 12 x 80 fixées sur un trépied idoine, nous avons pu commencer par quelques grands classiques, un des buts (non avoué) de la soirée étant d’essayer d’apercevoir aux jumelles (presque) tout ce qui était pointé au dobson de 300 mm. Force est de constater qu’avec des 12 x 80 et même des 7 x 50, on peut déjà voir un nombre appréciable d’objets du ciel profond, pour peu qu’il n’y ait pratiquement pas de pollution lumineuse et que le ciel soit bien dégagé.

  • M57, M27, M13, M31 (avec M101 et M32 dans le champ de l’oculaire du dobson) : Ces grands classiques du ciel d’été sont toujours aussi magnifiques dans un instrument de grand diamètre tel que le 300 mm de Julien, et ils sont aussi tous accessibles aux jumelles.
  • Très hautes dans le ciel, les dentelles du Cygne montraient une multitude de détails dans le dobson de 300 mm, en utilisant un filtre OIII. Et tout le ciel entre la grande et la petite dentelle semblait truffé de faibles nébulosités faisant littéralement penser à un réseau de neurones ! Difficile de s’arracher de l’oculaire tant cette vision était envoûtante dans le T300 mm !
  • La nébuleuse du Croissant montrait, elle aussi, un contraste saisissant dans le T300 mm et laissait deviner de multiples détails dans sa structure.
  • Non loin de M31 et de ses « voisines » évoquées ci-dessus, la grande (mais, me semble-t-il, assez peu observée) galaxie du Triangle, M33, étendait sa structure spirale assez loin dans le champ de l’oculaire, bien visible également avec les 12 x 80.
  • Visible à l’œil nu, le double amas de Persée est un peu trop étendu pour être saisi en totalité dans le champ du dobson, mais devient véritablement féérique dans celui des jumelles !
  • Précédant Aldébaran, l’œil du Taureau, les Pléiades semblent nous interpeller ... Notre société éponyme pourrait-elle les ignorer ??? Impossible ! Et là encore, c’est dans les jumelles que la vision de cet amas d’étoiles jeunes est la plus remarquable. Les nébulosités entourant encore les étoiles sont, elles, visibles au dobson.
  • Nous attendons encore une bonne heure et c’est au tour de M1, la célèbre nébuleuse du Crabe, d’être centrée dans l’oculaire du dobson et dans ceux des 12 x 80.
  • La constellation du Cocher, bien repérable grâce à Capella, son étoile principale, recèle quelques amas facilement repérables : M36, M37 et M38.
  • Bientôt, c’est Mintaka (delta Ori), l’étoile la plus occidentale de la ceinture d’Orion, qui pointe au-dessus de l’horizon ... M42, la grande nébuleuse d’Orion qui resplendit plein Sud les soirs d’hiver, dévoilera sans trop de pleine une multitude de détails dans l’oculaire du T300 mm. Les extensions de cette belle nébuleuse sont également bien visibles dans les 12 x 80.
  • Au cours de la nuit, quelques étoiles doubles sont également la cible de nos instruments, la belle Albiréo, la tête du Cygne, les doubles de la Lyre (Epsilon 1 et Epsilon 2) ...

Malgré les multiples couches empilées sous nos vestes, les gants, bonnets et capuches, l’humidité, qui est tombée en début de nuit et a gelé, se fait légèrement ressentir ... Puis la fatigue pointe, et à 3h, nous commençons à plier le matériel.
Dans quelques heures, il faudra ranger nos affaires, nettoyer les chalets et regrouper les sacs avant d’entamer la petite balade apéritive qui nous mènera à L’Alpage du Marais, chez Alex, le maitre des lieux (et fromager de son état). Là, comme chaque année, un brunch d’anthologie nous attendra afin de terminer dignement ces deux jours et demi presque entièrement consacrés aux activités (g)astronomiques.
Enfin, nous chargerons tout le matériel dans les télécabines pour la descente vers Grimentz.

Un grand merci à tous les participants :
Sonia, Irène, Julien, Grégory, Fabrice, Christophe, Quentin, Raphaël et sa fille.

Et vivement Grimentz 2020 !

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